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La culture manga

Bloom into you : De la quête identitaire, à l’amour de soi et de l’autre

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Bloom into you bannière

Bonjour à tous et à toutes, j’espère que vous allez bien et que vous profitez de vos vacances. Pour ma part, les miennes débutent et je peux dès à présent me recentrer sur les révisions (cours) et la rédaction de nouveaux articles et contenus pour le blog. J’espère que les prochains articles vous plairont, tout comme ce dernier ! Aujourd’hui à l’affiche, un Yuri fort en caractère : Bloom into you, dont j’ai tout particulièrement apprécié le contenu.

Je vous souhaite une bonne lecture, et au plaisir de vous lire !

Lamangwa.

Présentation de l’oeuvre

やがて君になる alias Bloom into you, est un Yuri réalisé par la mangaka Nio Nakatani. Cette oeuvre est tout d’abord prépubliée au Japon dans le mensuel magazine Dengeki Daioh, puis publiée par les éditions ASCII – Mediaworks. Aujourd’hui en France grâce aux éditions Kana, Bloom into you s’est également vu être adapté en animé en 13 épisodes !

Synopsis :

Je t’aime mais ça ne te regarde pas…

Yû, nouvelle élève de première année au lycée Tohumi Higashi, n’est jamais tombée amoureuse. Un jour, elle aperçoit Tôko Nanami, membre du conseil des élèves en train de rejeter un garçon lui déclarant sa flamme. Yû pense avoir enfin trouvé quelqu’un comme elle. Quelqu’un qui n’a jamais connu l’amour et qu’une déclaration n’a jamais ému. Mais elle va vite déchanter lorsque cette dernière lui adresse ces quelques mots… « Je crois que je pourrais t’aimer, toi. »

Présentation des personnages :

Tôko Nanami

Lycéenne
présidente du conseil des ÉLÈVE

Yû Koito

lycéenne
Membre du conseil des ÉLÈVES

SAEKI SAYAKA

Lycéenne
vice-PRÉSIDENTE du conseil des élèves

SEIJI MAKI

Lycéen
membre du conseil des ÉLÈVES

KOYOMI KANO

LYCéenne
amie de Yû

MIYAKO KODAMA

PATRONNE D’un café
petite amie de riko hakozaki

Tout commence par une rencontre…

Au cours de notre existence, nous regardons passer des milliers de visages. Néanmoins, il nous arrive parfois de tomber sur une personne, et de trouver au cœur de cette altérité, une part de nous-mêmes que jusqu’à présent nous ignorions.

Levinas Emmanuel, célèbre philosophe du 20e siècle, nous livre à travers son écrit Entre Nous, une analyse pertinente sur la rencontre. Levinas part alors du postulat que rencontrer une personne suggère d’emblée notre responsabilité envers celle-ci ; dans la mesure où l’on ne peut rester indifférent à cette dernière (de part notre attirance par ex.). Ainsi, la rencontre serait synonyme de non-indifférence, procurant une expérience morale et émancipatrice aux deux sujets.

Nio Nakatani à travers son récit, met en avant cette expérience de la rencontre à travers la romance de nos deux adolescentes : Yû Koito et Tôko Nanami. Assurément, la rencontre de l’autre amène le sujet sur le chemin de la découverte et de la connaissance de soi. Ainsi, a travers cette première notion, les personnalités subjacentes de Yû et Tôko sont toutes particulièrement bien choisies, afin de nous permettre une certaine analyse autour de leur rencontre, mais aussi de leur relation interpersonnelle. Le choix scénaristique de Nio Nakatani alimente l’intérêt que l’on peut porter à cette oeuvre, mais également étoffe dans son contenu psychologique la romance de Yû et Tôko.

Une relation s’inscrivant vers une co-dépendance émotionnelle et affective

A la suite de leur rencontre, Yû et Tôko se rapprochent l’une de l’autre. Au détour d’une conversation, Tôko prononce des mots d’amour à l’égard de Yû. Yû, quant à elle, peine à comprendre ce que ces mots engagent et peuvent vouloir signifier. C’est alors, que la romance entre Yû et Tôko commence…

Regard sur la protagoniste : Tôko Nanami

Tôko est une jeune fille populaire, et appréciée de tous ces camarades. Elle apparaît comme étant une personne ingénieuse, dynamique et volontaire. Pourtant, ce premier portrait n’est en réalité que la pâle représentation de celui de sa sœur aînée.

Tôko cherche alors à rendre hommage à sa sœur aujourd’hui défunte, sous l’influence des paroles non-conscientisées des membres de sa famille. Tôko vit non plus pour elle, mais pour sa sœur. Elle n’est plus seule dans cette aventure qu’est la vie, elle se doit de porter son existence ainsi que celle de sa sœur. C’est pourquoi, Tôko se doit d’être aussi spéciale, comme sa défunte sœur pouvait l’être, aux yeux des autres ; délaissant ses envies, ses désirs, et sa personne.

Yû, lors de leur deuxième rencontre, lui soumet ses ressentis et ses peines. Elle exprime alors à Tôko, ne jamais avoir compris ce qu’être spécial voulait pouvoir dire et/ou signifier. Tôko réalise alors, qu’elle peut exister en tant que sujet ; à condition que cette dernière n’éprouve aucun sentiment envers elle, ce qui l’a rendrait de nouveau spéciale. En effet, si l’on suit la logique de Tôko :

On n’aime donc jamais personne, seulement des qualités

Pensées, de Léon Brunschvicg

Regard sur la protagoniste : Yû Koito

Yû est une jeune fille soumise aux affres de l’adolescence, se questionnant alors sur le monde, son avenir, et plus particulièrement l’amour. Ne sachant répondre à ce dernier questionnement, et n’ayant eu l’opportunité de ressentir ce qu’est l’amour, celle-ci se réfugie dans la théorisation de ce que devrait être l’amour, se forgeant dès lors un idéal impossible à rencontrer. Ainsi, la création de cet idéal ne viendrait-il pas rendre cet amour possible, entre Tôko et elle ?

Yû fait également partie de ces personnes que nous pouvons qualifier d’âme charitable. Cette dernière est toujours présente pour aider ses proches, et se montre également dévouée à Tôko par ex. sous couvert de son exemplaire gentillesse. Néanmoins, à travers ce premier trait de caractère, Yû peut avoir tendance à s’enfermer dans un schéma dît de victimisation ou de soumission. Un schéma se renforçant d’autant plus de par sa passivité face aux actions que peut entreprendre Tôko à son égard. La victimisation dont fait preuve Yû se retranscrit notamment lors d’un échange avec Tôko, où elle mentionne ne vouloir être seule. C’est alors, que nous pouvons affirmer qu’un mécanisme de co-dépendance émotionnelle et/ou affective est en train de se mettre en place dans leur relation sentimentale, bien qu’elles ne s’y défendent.

Quel avenir sentimental pour Tôko et Yû ?

A travers ces deux regards, sur Tôko et Yû, nous pouvons observer que les blessures de l’une résonnent avec les blessures de l’autre. Ainsi, leur relation caractéristique du « Je t’aime moi non plus » favorise l’émergence de la réelle personnalité de Tôko ; et de l’autre côté, les sentiments que Tôko engagent envers Yû, lui permettent de recevoir, comprendre et expérimenter ce que jamais elle n’aurait cru pouvoir obtenir un jour, et surtout : elle ne se sent plus seule.

Une rencontre se passe lorsqu’il y a une échange, et une évolution car cela sous-entend une certaine proximité pour élargir son cercle de valeur et de croyance. Ainsi, peut-être les blessures de l’une et de l’autre, qui résonnent entre-elles, serviront de levier pour évoluer ? Peut-être Tôko arrivera-t-elle à accepter, voire aimer la personne qu’elle est par le regard de Yû ?

Questionnaire

Dans le manga Bloom into you, quel est votre personnage préféré ?

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21 thoughts on “Bloom into you : De la quête identitaire, à l’amour de soi et de l’autre

  1. Je te comprends tout à fait, j’étais pareil avant de trouver cette formation. Il faut essayer de trouver un métier qui correspond à notre personnalité :).

  2. Ah tu as de la chance :O ça c’est bien ça. j’ai eu une amie qui attends toujours l’aide financière pour sa formation (depuis elle est devenue agent RATP mdr)

  3. Oui c’est bien quand on cherche du boulot et surtout pour les étudiants.
    C’est gentil merci, j’ai fait pas mal d’ateliers pour découvrir ce qui m’intéresserais mais je pense que le problème vient de moi. Je me lasse souvent rapidement d’un métiers je crois 🙁

  4. Je suis en formation professionnelle également, et je suis financée par Pôle emploi pour les études – ca à été très rapide, car les écoles/établissements te soutiennent derrière et font appuie.

  5. Assistant d’éducation, c’est plutôt intéressant !
    Dommage, je ne m’y connais pas assez sur le sujet pour t’aider. En revanche mon copain pourrait peut-être te conseiller sur deux-trois trucs concernant la formation que tu souhaiterais faire. Je vois avec lui quand il rentre du travail et je t’envoie un message via Twitter :).

  6. Alors en ce moment, je suis au chômage mais je reprends le boulot en septembre en tant qu’assistante d’éducation mais dans un lycée cette fois. En effet, je suis très curieuse et polyvalente et il y a tellement de métiers qui m’intéresse. Il y a quelques temps, je me projetais dans le métier de conseillière en insertion pro mais à force de ne pas trouver une formation rémunérer et conventionnée (j’en avais trouvée une dans le site de Défi-Métiers mais une fois à la réunion d’infor, la structure nous a dit que toutes les formations chez eux le sont sauf, celle que je voulais faire). J’ai fini par lâcher et ce que je voulais c’était bosser et gagner ma vie. J’avais pensé à l’AFPA mais, le temps d’avoir une aide de chez Pôle Emploi est parfois trop long. Je réfléchirais bien dans l’année qui suivra là

  7. Merci, je l’espère aussi :). Et toi, qu’est-ce que tu fais dans la vie ? J’ai vu que tu aimais diverses choses, et tu as l’air assez curieuse et polyvalente dans tes écrits :).

  8. Non, pas spécialement (j’ai très apprécié travailler avec des personnes en situation de handicap aussi) mais c’est le public qui m’intéresse le plus :).

  9. Ah mais ça serait génial franchement surtout si ça passe très bien autant pour toi et pour ton employeur ! Je te souhaite une belle réussite !

  10. Là, j’effectue mon stage de dernier année en prévention spécialisée (ES de rue) : J.A.D.O.R.E, c’est vraiment passionnant :). A voir si je suis prise en CDD/CDI après l’obtention de mon diplôme :).

  11. L’année prochaine :).
    Les branches qui m’intéressent le + s’orientent avec un public adolescent, alors soit en protection de l’enfance (MECS, Village pour enfants…) ou en prévention spécialisée (éducateur de rue) 🙂

  12. D’accord oui il faut un peu de psycho en effet pour ce genre de métier. Ca se fini quand du coup ? tu te projettes dans le milieu scolaire ?

  13. Eh bien, je finis actuellement mes études pour devenir éducatrice spécialisée. Il est vrai que l’on utilise souvent la psychologie afin de comprendre/analyser les personnes que l’on accompagne. Je pense que c’est une déformation professionnelle ; mais j’apprécie aussi avoir cette approche. Je trouve ça assez instructif au final. 🙂

  14. Oui, il y l’air d’avoir une bonne psycho derrière. Tien à ce propos, j’ai remarqué que tu mêlais souvent psychologie et les manga. Est-ce que tu en fais des études ou tu es très intéressée par la psycho ?

  15. Eh bien, ça pourrait être l’occasion de franchir le pas ;). D’autant plus qu’il reste vraiment dans les codes classiques de la romance (donc tu ne seras pas perdue), mais l’aspect psychologique et la manière dont amène la relation Nio Nakatani est vraiment intéressante :).

  16. Encore un manga à lire aha ! (en plus, bizarrement je n’ai jamais lu de yuri :O)

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